Un état de choc (émotionnel ou psychologique) apparaît lorsqu’un événement inattendu interrompt brutalement la vie d’une personne. Il peut s’agir d’une mauvaise nouvelle, du décès d’un proche ou d’une catastrophe naturelle. L’état de choc ne dépend pas de l’évènement en lui-même, mais de la façon dont il est perçu.
Il constitue une urgence médicale qui nécessite une prise en charge immédiate. Il se caractérise par une diminution du débit sanguin et une insuffisance de l’apport en sang oxygéné aux organes.
Les causes sont multiples et peuvent inclure, en plus des traumatismes, des infections graves (aussi appelées sepsis), des réactions allergiques sévères (ou anaphylaxies) et des problèmes cardiaques tels que l’insuffisance cardiogénique.
Toutes les infos dans cet article.
Qu’est-ce qu’un état de choc ?
Il se manifeste différemment selon la personnalité et l’histoire personnelle. Il apparaît à la suite d’un événement vécu comme traumatisant par la personne, car il est inattendu, soudain et fort sur le plan émotionnel. Un même événement ne provoque pas toujours la même réaction. Cette condition n’est donc pas liée à l’évènement en lui-même, mais à la réponse émotionnelle de la personne.
De nombreux événements traumatisants peuvent provoquer un état de choc. Il peut s’agir :
- d’un vol ;
- d’une agression ;
- d’un décès ;
- d’un licenciement ;
- d’une rupture amoureuse ;
- d’un accident de voiture ;
- d’un incendie.
La personne en est la victime directe ou bien le témoin. Tout événement incontrôlable qui sera vécu comme inattendu et en rupture avec le quotidien est susceptible de provoquer un état de choc.
La façon dont réagit la personne à un tel évènement est imprévisible. Elle peut se mettre à fuir, se sentir paralysée, perdre connaissance ou encore faire des gestes tout à fait inadaptés à la situation (rire de façon incontrôlée par exemple).
L’événement la plonge dans un état de stress intense qui la submerge. N’importe qui peut vivre un état de choc, sans qu’il n’y ait de lien avec une force ou une faiblesse de caractère.
Causes possibles des différents états de choc cliniques
Dans le cas d’un choc cardiogénique, le cœur n’est pas capable de pomper suffisamment de sang (cela peut être dû à un infarctus du myocarde ou à une autre affection cardiaque).
Le choc hypovolémique, quant à lui, est causé par une perte de volume sanguin, en raison, par exemple, d’une hémorragie.
Le choc septique est une réponse à une infection grave qui entraîne une hypotension artérielle et une défaillance de plusieurs organes.
Il est important d’apprendre à reconnaître les signes d’un état de choc qui incluent : une pression artérielle basse (moins de 90 mmHg), une fréquence cardiaque rapide, une peau froide et moite et une confusion ou une perte de conscience.
Le traitement vise à corriger la cause sous-jacente et comprend des fluides pour augmenter la pression artérielle, des médicaments pour améliorer la fonction cardiaque et des antibiotiques pour traiter les infections.
Quels symptômes ?
L’état de choc dure en général quelques minutes, quelques heures, voire plusieurs jours dans certains cas. Le corps réagit très vite en libérant une grande quantité d’hormones du stress qui peuvent provoquer des symptômes différents :
- l’immobilité : la personne se fige pendant quelques secondes ou quelques minutes parfois ;
- la fuite : le rythme cardiaque et la respiration s’accélèrent. La personne s’agite, crie, court ou s’enfuit ;
- les réactions inadaptées : certaines personnes peuvent se sentir désorientées, délirantes, ou agir de façon inadaptée à la situation. C’est une réaction psychologique involontaire pour « protéger » la personne de la violence qu’elle vient de subir.
Dans les minutes, les heures ou les jours qui suivent, le choc émotionnel se manifeste par d’autres symptômes :
- des pleurs, une grande tristesse et un sentiment de désespoir ;
- une anxiété, une peur, des angoisses et un sentiment d’insécurité ;
- un déni et une colère ;
- la reviviscence de l’événement sous forme de flashs ;
- des troubles du sommeil (insomnie, cauchemars) ;
- une perte des repères et du sens de la vie ;
- une grande fatigue ;
- des douleurs physiques ;
- des difficultés de concentration et de mémorisation ;
- une culpabilité et une honte.
L’évolution et les symptômes de l’état de choc sont variables d’une personne à l’autre. Il peut parfois engendrer un véritable État de Stress Post-traumatique (ESPT), une dépression ou des consommations d’alcool et de drogues, dans les semaines et les mois qui suivent.
Que faire en cas d’état de choc ?
Dans un premier temps, lorsque l’état de choc survient, il est important de se faire aider et de ne pas rester seul. Les émotions sont souvent bloquées ou très intenses à ce moment. Parler de ce que l’on ressent, exprimer sa colère ou sa tristesse, permet de soulager la personne et de limiter l’impact de l’état de choc.
Par la suite, un travail psychologique personnel plus ou moins long est nécessaire pour récupérer d’un état de choc et retrouver une certaine sécurité. Un accompagnement par un professionnel de santé est souvent recommandé, surtout si l’état de choc a des conséquences sur la vie quotidienne. La Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC) et l’EMDR sont particulièrement utiles.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic est généralement posé sur la base des signes cliniques et des symptômes présentés par le patient. Ceux-ci incluent :
- une pression artérielle basse (hypotension) ;
- une diminution du débit urinaire ;
- une confusion mentale ;
- une peau froide et moite ;
- une fréquence cardiaque rapide.
Le traitement vise à rétablir l’apport en sang oxygéné aux organes. Cela implique :
- l’administration de fluides pour augmenter le volume sanguin (remplissage) ;
- l’utilisation de médicaments pour augmenter la pression artérielle ou améliorer la fonction cardiaque ;
- des interventions pour traiter la cause, comme une infection (sepsis) ou une réaction allergique (anaphylaxie).
Dans certains cas (chocs infectieux en particulier), le patient doit être admis en service de réanimation médicale pour soutenir les fonctions vitales pendant le traitement.
Conséquences à long terme
Les conséquences à long terme d’un état de choc varient considérablement en fonction de la gravité initiale, de la rapidité du traitement et de la santé générale du patient avant l’incident.
Après un état de choc, le patient peut souffrir :
- de troubles de la mémoire et de la concentration ;
- de fatigue chronique ;
- de troubles du sommeil ;
- de troubles de l’humeur ;
- d’autres symptômes associés au syndrome de stress post-traumatique.
Ces symptômes peuvent être le résultat d’une diminution de l’apport en sang oxygéné aux organes vitaux pendant l’état de choc, ce qui peut causer des dommages tissulaires.
Dans les cas graves, un état de choc entraîne une défaillance d’organe à long terme. Par exemple, un cœur privé d’oxygène pendant une période prolongée peut entraîner une insuffisance cardiogénique. Si les poumons ont été affectés, le patient risque de voir se développer une insuffisance respiratoire ou d’autres problèmes pulmonaires.
Dans tous les cas, il est important d’apprendre à reconnaître les signes d’un état de choc et de chercher une aide médicale d’urgence dès que possible pour minimiser ces conséquences à long terme. Un suivi médical régulier et une prise en charge appropriée des symptômes peuvent aider à gérer ces conséquences et à améliorer la qualité de vie du patient.
En conclusion
- Un état de choc est une urgence médicale caractérisée par une diminution de l’apport en sang oxygéné aux organes du corps.
- Il peut être provoqué par des traumatismes, des infections graves, des réactions allergiques ou des problèmes cardiaques.
- Les signes d’un état de choc incluent une pression artérielle basse, une fréquence cardiaque rapide, une peau froide et moite et une confusion ou une perte de conscience.
- Le traitement comprend l’administration de fluides pour augmenter le volume sanguin, des médicaments pour améliorer la pression artérielle ou la fonction cardiaque ainsi que des interventions médicales pour traiter la cause sous-jacente.
- Les conséquences à long terme d’un état de choc incluent, entre autres, des troubles de la mémoire et de la concentration, de la fatigue chronique et, dans les cas graves, une possible défaillance d’organe.