La dysphorie désigne un trouble émotionnel faisant suite à une perturbation de l’humeur.
Quelles sont les causes de la dysphorie, quelles sont ses caractéristiques ? Découvrez tout ce qu’il y a à savoir sur la dysphorie dans notre article.
Dysphorie : qu’est-ce que c’est ?
La dysphorie découle d’un trouble de l’humeur, elle désigne en réalité un symptôme qui combine la sensation de mal-être aussi bien psychique (mental) qu’émotionnel. Il ne faut pas prendre la dysphorie à la légère, c’est un signe très grave.
Elle se traduit notamment par :
- d’importants accès de colère (ce qui induit souvent des erreurs de diagnostic) ;
- de l’anxiété et du stress ;
- une profonde tristesse ;
- un ennui permanent ;
- un sentiment d’insatisfaction.
Il s’agit généralement d’un état durable, voire chronique, avec d’importants risques de tentative de suicide.
Comment se manifeste la dysphorie au quotidien ?
Les conséquences d’une dysphorie sont souvent sous-évaluées. Elles sont pourtant extrêmement handicapantes :
- un stress permanent (sentiment d’être constamment sous pression) ;
- la difficulté à faire le moindre effort (en raison d’une fatigue morale qui est une véritable chape de plomb) ;
- des sautes d’humeur et une instabilité émotionnelle qui rendent la vie en société infernale sinon impossible ;
- un mal-être constant.
Diverses causes liées à la dysphorie
La dysphorie peut avoir diverses origines. En effet, tous les troubles de l’humeur, quelle que soit leur origine, peuvent entraîner une dysphorie. Elle survient par exemple suite à :
- des troubles bipolaires (c’est au cours de la phase dépressive que le risque de suicide est particulièrement élevé) ;
- des troubles de la personnalité ou des troubles dissociatifs de l’identité ;
- une schizophrénie ;
- la consommation de drogue ou de psychotropes ;
- un sevrage alcoolique ou de drogue ;
- un deuil ;
- une séparation amoureuse ;
- une maladie grave…
De façon générale, tous les événements générateurs de stress (stress post-traumatique ou troubles anxieux par exemple) sont susceptibles d’entraîner une dysphorie.
Par ailleurs, de nombreuses autres pathologies métaboliques se traduisent par une dysphorie, des troubles du sommeil chroniques, un syndrome de fatigue chronique ou un syndrome prémenstruel par exemple.
Dysphorie : quels traitements ?
La dysphorie n’étant qu’un symptôme, son traitement est celui de sa cause. Il existe des traitements adaptés à chaque situation :
- contre le stress et l’anxiété, on peut citer l’hypnose, les thérapies cognitivo-comportementales, etc. ;
- l’EMDR contre le stress post-traumatique ;
- les traitements psychiatriques contre des troubles graves comme les troubles bipolaires ou la schizophrénie ;
- la psychothérapie ;
- la prise en charge des sevrages dans des centres spécialisés ou des cures de désintoxication ;
- pour la difficulté à communiquer, la PNL ;
- dans la dysphorie de genre, l’amélioration de la dysphorie est souvent spectaculaire lorsque la personne prend conscience de son mal-être et démarre un traitement hormonal substitutif.
Différence entre dysphorie et dépression
Bien qu’ils partagent certaines caractéristiques communes, il ne faut pas confondre ces deux troubles.
La dysphorie, terme souvent utilisé pour décrire un état de mal-être émotionnel et mental, est généralement associée à une insatisfaction persistante, un ennui constant ou un sentiment d’incongruence avec le genre assigné à la naissance. Elle se manifeste par des accès de colère, de l’anxiété, du stress, une profonde tristesse et un sentiment d’insatisfaction.
La dysphorie de genre, par exemple, fait référence à la détresse qu’une personne peut ressentir en raison d’une incongruence entre son identité de genre et son sexe de naissance.
La dépression, quant à elle, désigne un trouble de l’humeur caractérisé par une tristesse suffisamment sévère ou persistante pour perturber le fonctionnement quotidien. Les symptômes incluent une perte d’intérêt ou de plaisir dans les activités (anhédonie), des problèmes de sommeil, une fatigue excessive, des sentiments de désespoir ou de culpabilité, des difficultés de concentration et, dans les cas les plus graves, des pensées de mort ou de suicide.
Il est important de noter que la dysphorie est un symptôme de la dépression, mais se déclare aussi dans d’autres conditions, comme les troubles bipolaires, les troubles de la personnalité, la schizophrénie ou suite à un événement stressant comme un deuil ou une séparation. De plus, ce trouble peut survenir à tout âge, mais se développe généralement entre le milieu de l’adolescence, au cours de la vingtaine ou de la trentaine.
En termes de traitement, ces deux pathologies nécessitent des approches différentes. Le traitement de la dysphorie dépend de sa cause et inclut des thérapies cognitivo-comportementales, l’hypnose ou, dans le cas de la dysphorie de genre, une transition de genre qui peut impliquer une thérapie hormonale ou une chirurgie.
De son côté, le traitement de la dépression inclut des médicaments, la psychothérapie, et parfois des traitements plus intensifs comme l’électroconvulsivothérapie.
Pour cela, il est essentiel pour les médecins et autres professionnels de santé de réaliser un diagnostic précis afin de fournir le meilleur traitement possible pour chaque patient (enfants, hommes ou femmes).
Comment aider une personne souffrant de dysphorie ?
Aider quelqu’un souffrant de dysphorie, liée au genre ou à d’autres facteurs, nécessite une approche empathique et informée.
Tout d’abord, il est important d’apprendre et de comprendre la définition précise de ce trouble, ses symptômes, ses caractéristiques et comment il affecte la vie quotidienne. La dysphorie est un trouble déroutant et douloureux, souvent associé à une détresse émotionnelle intense et une incongruence entre l’identité de la personne et certains aspects de sa réalité, comme son sexe de naissance.
L’écoute active et le soutien émotionnel sont essentiels : il est important de valider les sentiments de la personne et de lui assurer qu’elle n’est pas seule. Le médecin joue alors un rôle déterminant dans le diagnostic et le traitement. Il aide généralement les patients (enfants, adolescents ou adultes) à comprendre leurs sentiments et à explorer les options de traitement, qui peuvent inclure des thérapies cognitivo-comportementales, des interventions médicales comme la chirurgie pour les personnes transgenres et d’autres formes de soutien.
Il est également utile de diriger les patients vers des ressources et des associations de soutien. Ces groupes offrent un espace sûr pour partager des expériences, apprendre des autres qui ont vécu des situations similaires et recevoir des conseils sur la gestion de cette pathologie.
Enfin, il est important de rappeler que chaque personne est unique et, qu’à ce titre, les expériences varient. Par conséquent, l’aide apportée doit être individualisée et respecter le rythme et les désirs de chaque patient (enfant ou adulte, masculin ou féminin).
En conclusion
- La dysphorie est un état de mal-être émotionnel et mental souvent associé à une incongruence entre l’identité de genre et le sexe assigné à la naissance. Elle se manifeste par des sentiments de détresse, d’ennui constant et d’insatisfaction.
- Les symptômes de la dysphorie varient et incluent des accès de colère, de l’anxiété, du stress, une profonde tristesse ainsi qu’un sentiment d’insatisfaction.
- Les causes de la dysphorie sont diverses et complexes, allant de facteurs biologiques à des expériences de vie difficiles. Le traitement, quant à lui, peut inclure des thérapies cognitivo-comportementales, des interventions médicales comme la chirurgie pour les personnes transgenres et d’autres formes de soutien.
- Aider quelqu’un souffrant de dysphorie nécessite une approche empathique et informée. En tant que médecin, il est important de valider les sentiments du patient, de lui fournir des ressources et du soutien et de respecter ses désirs dans son parcours de traitement.