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Psychologie : comment gérer son confinement ?

Article mis à jour le 23 juin 2021

Mis à jour le 23/06/2021

Temps de lecture estimé à 10 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Psychothérapie

Sommaire.

  1. Coronavirus : un changement dans nos habitudes
  2. Comment réduire les effets négatifs du confinement ?
  3. Confinement : les enfants dans tout ça ?
  4. Quelques numéros et contacts utiles

L’épidémie de Covid-19, due au SARS-CoV-2 (un coronavirus), s’est déclarée fin décembre 2019 en Chine, dans la ville de Wuhan. Puis elle s’est étendue à tous les pays du monde : on parle alors de pandémie. Cette maladie qui peut être mortelle a entraîné une mise en confinement de toute la population en France, jusqu’au 11 mai 2020, selon la dernière allocution du Président de la République du 13 avril 2020. Ces mesures ne sont pas sans conséquence sur notre état psychologique.

Coronavirus : un changement dans nos habitudes

« Restez chez vous ! » : cette expression est devenue le mot d’ordre impératif afin de lutter contre la propagation du Covid-19, cette maladie venue de Chine et due à un virus.

Cette maladie a des impacts non seulement sur le corps mais aussi des conséquences psychologiques.

Le fait de diminuer drastiquement ses déplacements peut être perçu comme une « atteinte à nos libertés » ; cela est cependant plus que nécessaire, puisque vital !

Tant qu'on en parle
COVID-19 : le point sur les mesures de confinement

L’impact psychologie de la quarantaine

Le fait d’être « enfermé » chez soi, confiné constitue un changement majeur dans notre vie de tous les jours.

Cette mise en quarantaine nécessaire du fait de la situation actuelle inédite et incroyable, et confirmée par le gouvernement, peut inquiéter. De plus, le fait de ne pas avoir une date de fin certaine de ce confinement pouvait constituer une source de majoration du stress engendré par cette mesure.

L’impact psychologique de ce confinement peut avoir un retentissement immédiat mais peut aussi avoir des répercussions sur plusieurs mois, voire des années. Des études le prouvent, dont quelques une effectuées dans plusieurs pays suite à certaines épidémies dont le SRAS (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002, le MERS (Syndrome respiratoire du moyen orient) en 2012 ou encore Ebola (Afrique).

Les conséquences psychologiques possiblement rencontrées sont la peur, la colère, la déprime, la dépression, l’abus de médicaments (anti-dépresseurs, anxiolytiques…), un syndrome de stress post-traumatique (trouble anxieux sévère causé par une expérience vécue comme un traumatisme avec une connotation de mort imminente). Le symptôme le plus fréquent, bien qu’il soit considéré comme le moins grave, est la baisse de moral, qui n’est malgré tout pas sans incidence.

Le risque suicidaire

Chez certains, l’impact psychologique peut même provoquer des idées de suicide. D’autant plus quand le vécu a été difficile, notamment pour les soignants, les personnes seules, ou celles en situation précaire (cette liste est bien sûr non exhaustive). Il est essentiel d’être particulièrement vigilants face à l’apparition de signes de traumatisme ou de dépression :

  • L’expression d’idées ou d’intentions suicidaires :
    • directes : « Je veux mourir », « Je vais me foutre en l’air », « Je vais en finir », « Ce serait mieux si j’étais mort »… ;
    • indirectes : « Je voudrais partir », « Je veux m’en aller », « Je n’en peux plus », « Je vais tout laisser tomber », « Je ne suis plus capable »….
  • Les manifestations de crise psychique (indices de souffrance et de détresse psychologique) :
    • symptômes physiques : fatigue, troubles du sommeil, perte d’appétit ou boulimie…
    • signes psychiques : anxiété, tristesse, découragement, désespoir, irritabilité et agressivité, troubles de la mémoire, rumination mentale, perte du goût des choses, sentiment d’échec et d’inutilité, impuissance à trouver par soi-même des solutions à ses problèmes…
  • Difficultés professionnelles :
    • perte d’investissement ou surinvestissement dans le travail,
    • épuisement ou burn-out,
    • incapacité à supporter sa hiérarchie,
    • arrêts de travail à répétition…
  • Problèmes relationnels :
    • retrait par rapport aux marques d’affection,
    • conduites d’isolement social et familial…

Des modifications dans notre vie du quotidien

Le confinement signifie une mise en quarantaine. Et la date de fin de ce confinement resteait encore incertaine. Or, certaines études montrent qu’au-delà de 10 jours, les effets délétères de cette épreuve de confinement sont multipliées par deux. Cette absence de visibilité constitue un changement profond dans notre vie quotidienne.

La peur de manquer de nourriture ou d’autres produits de première nécessité est également un facteur aggravant de stress. Cela explique les constats de rayons vides dans les supermarchés dès le début du confinement.

L’absence de contact physique avec les autres et de vie sociale, l’isolement, le repli sur soi, l’impossibilité de sortir quand on en a envie : toutes ces contraintes dont nous n’avons pas l’habitude sont source d’anxiété majeure.

La frustration et l’ennui sont très fréquemment rencontrés et à l’origine de perturbations importantes.

La peur de l’infection, de la contamination par le virus SRAS-Cov-2 responsable de la maladie suscite beaucoup d’inquiétude, en plus de celle de ne pas pouvoir être pris en charge dans de bonnes conditions. Chez les personnels soignants, l’insécurité, la crainte accrue de contaminer ses proches et la stigmatisation familiale et sociale du fait des risques encourus augmentent le stress.

Les femmes enceintes sont aussi impactées dans le vécu de leur grossesse, avec l’inquiétude de transmission du Covid-19 à leur enfant.

À noter

La consultation « bilan et vigilance » mise en place fin mai 2020 vise à « évaluer les impacts du confinement sur la santé des patients [à risque, dont les femmes enceintes au troisième trimestre de grossesse] et de s’assurer de la continuité des soins », ainsi qu’à « conseiller les personnes, en fonction de leurs fragilités et pathologies, sur les mesures de protection à adopter dans le cadre du déconfinement », indique le ministère de la Santé.

Malheureusement, il est prouvé que le stress ne s’arrête hélas pas à la fin du confinement. Les conséquences économiques et financières, notamment pour les travailleurs indépendants, sont importantes. Des difficultés à reprendre le travail, l’aggravation de la situation sociale et économique de certaines personnes déjà précaires, les tensions intra-familiales sont fréquemment rencontrées à la fin de cette quarantaine.

Cependant, il existe une différence majeure par rapport aux autres épidémies antérieures : l’existence d’Internet et des nouveaux moyens de communication. En effet, déjà bien présents dans nos vies, ceux-ci ont un effet assez positif actuellement puisqu’ils permettent de tromper l’ennui, de rester en contact avec ses proches, de s’occuper.

L’utilisation des réseaux sociaux, des plateformes vidéos, des applications, ou de tout autre moyen de communication via le réseau Internet est en cette période d’un grand secours.

Attention cependant à ne pas en abuser. Source d’informations en continue avec un afflux important de données dont certaines peuvent être fausses (fake news), l’utilisation massive d’Internet peut-être délétère. Il est donc important de se fixer des limites et de ne pas utiliser ses possibilités informatiques et des médias trop souvent. Le contrôle de l’information est également essentiel.

Comment réduire les effets négatifs du confinement ?

Il est impératif de réduire les différents facteurs de stress du confinement (comme l’isolement par exemple).

Il est ainsi conseillé d’avoir des activités afin de réduire l’ennui.

Avoir près de soi les produits de base comme l’eau, la nourriture, les médicaments ou encore, comme on a pu le voir, la farine, le beurre, le papier toilette, peut diminuer l’inquiétude. Il faut cependant rester raisonnables : aucune pénurie n’est annoncée et les supermarchés sont régulièrement approvisionnés.

Le fait d’avoir des informations régulières, claires et en toute transparence fournies par le gouvernement ou autre autorité est un facteur important de diminution de l’anxiété. En effet, l’absence de communication ou une communication inappropriées est source de stress.

Les chercheurs insistent bien sur le fait que le sentiment d’altruisme est important pour bien vivre ce confinement. Se sentir utile en cette période de quarantaine en aidant les autres par n’importe quel moyen constitue un élément de diminution du stress.

Il est impératif de maintenir des activités journalières, d’avoir un planning quotidien. Pourquoi pas, faire des choses que vous n’avez jamais faites, comme coudre des masques, cuisiner, ou pratiquer toute autre activité inhabituelle pour vous.

Pour les familles dont les membres sont dispersés, l’utilisation des réseaux sociaux, la mise en place de certaines mesures dont celle visant à faciliter le déplacement pour les enfants de personnes divorcées, constituent des aides pour rester en contact et mieux appréhender ces changements.

Continuez à remercier les personnes au premier plan comme les soignants, les éboueurs, les livreurs, les commerçants, et tous les autres. Cela leur fait du bien mais vous fait du bien aussi (c’est prouvé !). Du côté du personnel soignant, pour lutter contre le stress et le burn-out, il est recommandé :

  • de faire des pauses ;
  • de veiller à manger, boire, dormir régulièrement ;
  • de communiquer entre collègues, de se retrouver et d’échanger ensemble sur le vécu de la situation, de se soutenir, s’épauler mutuellement, avoir ses collègues en appui ;
  • de garder le contact avec ses proches : ils sont un point d’appui en dehors du système de santé, partager et rester connecté peut les aider à apporter leur soutien ; pour diminuer la crainte de les contaminer, en parler avec eux ;
  • de s’appuyer sur la reconnaissance de l’engagement de la communauté des soignants, les remerciements et la gratitude qui leur sont manifestés ;
  • de surveiller l’éventuelle survenue de signes d’alerte ;
  • de ne pas hésiter à demander l’aide de professionnels en cas d’apparition de ces signaux d’alerte ou de symptômes qui durent.

La sophrologie, la méditation, le sport (à la maison bien sûr !) sont des atouts au service du bien-être en cette période. Ces techniques permettent de se recentrer et de maîtriser son anxiété.

En parallèle des vaccins ont été développés pour nous aider à sortir de cette pandémie. À ce jour, quatre vaccins sont autorisés en France :

  • Pfizer/BioNTech ;
  • Moderna ;
  • AstraZeneca ;
  • Janssen.

La HAS recommande même la vaccination chez les 12-18 ans, suite à l’autorisation de l’agence européenne du médicament (EMA) du 28 mai 2021.

Bon à savoir

Petit rappel de ce que vous pouvez faire ou pas en période de confinement sur le site https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus.

Confinement : les enfants dans tout ça ?

Les enfants et adolescents sont sensibles à ce qu’il se passe actuellement à cause du Covid-19.

Ainsi il est nécessaire de parler du confinement de manière claire et adaptée.

Les manifestations à surveiller, selon le CDC (Centers for disease control and prevention), principale agence fédérale des États-Unis en matière de protection de la santé publique) sont :

  • Des pleurs ou une irritabilité excessifs chez les jeunes enfants ;
  • Le retour du « pipi au lit » ;
  • Une inquiétude excessive ou de la tristesse ;
  • De l’irritabilité et de l’impulsivité chez les adolescents ;
  • Des difficultés d’attention et de concentration ;
  • Un évitement des activités qui jusque-là leur faisaient plaisir ;
  • Des maux de tête ou des douleurs corporelles inexpliqués ;
  • Un usage d’alcool, de tabac ou d’autres drogues.

Voici quelques conseils, tirés d’études scientifiques, qui leur permettront de vivre au mieux ce confinement

  • Prenez du temps pour parler de l’épidémie de Covid-19 avec eux.
  • Répondez à leurs questions de manière factuelle et compréhensible.
  • Rassurez-les sur le fait qu’ils sont en sécurité.
  • Dites-leur que c’est normal s’ils se sentent débordés par la situation.
  • Partagez avec eux vos stratégies pour faire face à votre propre stress, afin qu’ils apprennent de vous.
  • Limitez l’exposition de votre famille aux médias.
  • Essayez de mettre en place et de maintenir des routines, notamment des horaires pour les activités scolaires à la maison et pour les loisirs de vos enfants.
  • Soyez un modèle pour eux.
  • Maintenez les contacts avec les amis et les membres de la famille.

Quelques numéros et contacts utiles

  • L’association SOS amitié est joignable au 09 72 39 40 50 ou par chat, ou encore l’association Suicide Écoute au 01 45 39 40 00.
  • Le numéro vert du gouvernement est disponible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour répondre à toute question non médicale relative au coronavirus : 0 800 130 000. Si vous avez des difficultés pour entendre ou parler par téléphone en raison d’un handicap, vous pouvez vous rendre sur l’espace de contact ouvert dédié aux personnes sourdes, malentendantes ou aveugles.
  • En cas de danger immédiat, contactez le 17.
  • Violences sur les enfants : contactez le 119 (ou rendez-vous sur le site internet allo119.gouv.fr).
  • Violences conjugales : appelez le 3919 (ou sur le site internet arretonslesviolences.gouv.fr).
  • Et pour les professionnels de santé (numéros verts) :
    • La Plateforme nationale d’appui médico-psychologique mise en place par le ministère des Solidarités et de la Santé afin d’accompagner les personnels soignants en première ligne dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus : 0800 73 09 58.
    • L’Association SPS (Soins aux Professionnels en Santé) reconnue d’intérêt général avec 100 % d’appels décrochés et qui propose son dispositif d’aide et d’accompagnement psychologique à tous les professionnels en santé, aux étudiants et à leur famille : 0805 23 23 26.
    • Le service d’entre-aide et de soutien psychologique de la Croix Rouge française qui aide, écoute et accompagne les personnes en détresse psychique en cette période d’épidémie de coronavirus et de confinement. Il s’adresse à la population, mais aussi aux professionnels de santé au : 0800 858 858.
    • Les ressources et recommandations mises en ligne par le Centre national de ressources et de résilience pour préserver les professionnels de santé et les équipes : https://cn2r.fr.
    • Le dispositif d’aide et d’accompagnement psychologique pour les professionnels de santé développé par l’association Soins aux Professionnels en Santé : www.asso-sps.fr.

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