Le cerveau, comme le reste du corps humain, a longtemps été considéré comme un organe symétrique. Il possède deux hémisphères, dont les structures paraissent presque identiques, un peu comme les bras ou les jambes. Mais, au fil des découvertes, les scientifiques se sont aperçu que certaines fonctions seraient différentes d’un hémisphère à l’autre.
Le point dans notre article.
Avons-nous deux cerveaux ?
C’est en 1861 que Paul Broca, un scientifique français, a découvert qu’un de ses patients ayant perdu l’usage de la parole avait l’hémisphère gauche de son cerveau endommagé. Il a ainsi décrit la théorie de l’asymétrie cérébrale qui suppose que des zones spécifiques du cerveau sont activées préférentiellement lors de certaines activités mentales.
Il existe bien une symétrie du cerveau puisque chaque hémisphère est relié à la partie opposée du corps. Lorsque l’on touche ou voit quelque chose avec la main ou l’œil gauche, l’information va directement au cerveau droit, et inversement.
À part cette inversion, la plupart des fonctions sont localisées sur les deux hémisphères.
Pour autant, la répartition des fonctions mentales ne serait pas si simple :
- Pour la plupart des neurologues, la répartition des fonctions mentales ne serait pas qu’une affaire de cerveau droit ou gauche.
- Ces dernières années, de nombreux travaux de recherche scientifiques ont prouvé qu’il est impossible d’attribuer des fonctions uniquement à l’une des parties du cerveau mais que celles-ci sont liées en réalité aux deux hémisphères.
Cerveau droit et cerveau gauche : quelles fonctions ?
D’après les scientifiques, il n’est pas possible d’attribuer à un hémisphère une fonction en excluant l’autre hémisphère. Même si une fonction peut mobiliser une région d’un hémisphère plutôt qu’un autre, il n’existe pas de latéralisation totale puisque les deux hémisphères communiquent entre eux.
Si on prend l’exemple du langage, même s’il est localisé principalement dans l’hémisphère gauche, la tonalité et la compréhension des mots se situent dans l’hémisphère droit. On ne peut donc pas réduire le langage à un seul côté du cerveau.
Les fonctions cérébrales « prédominantes » dans un des hémisphères ont toujours besoin de l’autre côté du cerveau. Ainsi, la recherche scientifique a établi une classification des fonctions selon leur dominance (plus ou moins marquées) dans chaque hémisphère.
Les fonctions prédominantes dans le cerveau droit sont :
- la reconnaissance des visages, de la géométrie et des expressions émotionnelles ;
- l’écoute des bruits et de la musique ;
- les sensations tactiles et la lecture du braille ;
- les mouvements dans l’espace (ouvrir les bras par exemple) ;
- la mémoire visuelle et auditive ;
- les émotions ;
- la représentation mentale des formes géométriques, des directions et des distances.
Les fonctions prédominantes dans le cerveau gauche sont :
- la lecture des mots et des lettres ;
- l’écoute du langage ;
- les mouvements complexes et la latéralisation ;
- la mémoire verbale et sémantique ;
- la parole, la lecture, l’écriture et les mathématiques.
Mythe du cerveau droit et du cerveau gauche
Depuis la découverte de Paul Broca, la science a fait d’énormes progrès, surtout en matière d’imagerie. Les scientifiques sont maintenant capable d’examiner avec précisions les aires du cerveau qui sont activées lors d’une activité mentale (langage, émotion, création ou encore imagination).
Les chercheurs ont donc voulu savoir si certaines zones situées dans le cerveau gauche fonctionnent plus souvent que celles de droite, et inversement :
- Leurs résultats montrent sans conteste que l’hémisphère droit est autant activé que le gauche.
- Certaines fonctions mentales sont localisées dans un seul des hémisphères, certes, mais on ne fait pas fonctionner un côté plus qu’un autre.
Finalement, même s’il existe bien des personnes plus logiques ou plus artistiques que d’autres, cela ne signifie pas qu’elles soient plutôt « cerveau droit » ou « cerveau gauche ». Il s’agit plutôt de l’influence de l’environnement, de la génétique et de l’histoire personnelle qui fait intervenir un hémisphère plus qu’un autre, sans qu’il ne soit possible de généraliser.