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Boulimie vomitive

Mis à jour le 12/10/2022

Temps de lecture estimé à 6 min

Rédigé par des auteurs spécialisés pagesjaunes

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Une femme mange
© Getty / KatarzynaBialasiewicz
Troubles du comportement

Sommaire.

  1. Caractéristiques de la boulimie vomitive
  2. Complications liées à la boulimie vomitive
  3. Boulimie vomitive : quelle prise en charge ?

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire. Elle concernerait environ 1,5 % des 15-20 ans. Affectant plus souvent des femmes, on estime qu’elle concerne environ trois jeunes filles pour un garçon. Elle peut être associée à de l’anorexie mentale dans sa forme boulimique.

Découvrons tout ce qu’il faut savoir sur la boulimie vomitive dans la suite de notre article.

Caractéristiques de la boulimie vomitive

La boulimie se manifeste par la répétition de crises d’hyperphagie :

  • La personne souffrant de ces crises va commencer par ingérer une quantité de nourriture largement supérieure à la normale avec le sentiment de perdre le contrôle.
  • La crise débute par une tension avec une compulsion irrépressible de faim appelée « craving ».
  • Les aliments consommés sont souvent hypercaloriques (gras et sucrés).
  • Ces crises s’accompagnent d’une sensation de culpabilité.

Les vomissements provoqués constituent des stratégies compensatoires en lien avec la peur de prise de poids. Plus rarement, ils sont remplacés par une consommation de laxatifs, diurétiques, ou encore des restrictions alimentaires.

La personne a conscience de son trouble et en souffre, sauf si les crises de boulimie font partie d’une anorexie mentale où la personne est souvent dans le déni. Il existe une altération de la perception du corps, avec la peur excessive de prendre du poids.

Bon à savoir

À noter : l’hyperphagie boulimique (Binge Eating Disorder) est un terme récent, qui correspond à une forme de boulimie sans conduite compensatoire.

Complications liées à la boulimie vomitive

Complications sur le plan physique

La boulimie s’accompagne de fluctuations du poids, qui reste souvent normal (ou surpoids). Il peut exister un mauvais état nutritionnel, avec des carences entraînant des œdèmes, une hypotension artérielle, un risque d’ostéoporose précoce, des troubles du cycle menstruel.

Les vomissements peuvent entraîner :

  • des dommages buccodentaires par altération de l’émail, une prolifération des caries, et à long terme, des atteintes parodontales (des gencives) ;
  • une hypertrophie des glandes salivaires (parotidomégalie) ;
  • une œsophagite (ulcérations de l’œsophage) ;
  • des troubles métaboliques (baisse du potassium en particulier) avec un risque d’insuffisance rénale fonctionnelle et de troubles du rythme cardiaque.

Ces troubles sont associés à un risque important de surmortalité liée aux troubles métaboliques induits et au suicide.

Sur le plan psychique et social

La boulimie peut s’associer à :

  • une faible estime de soi, de la honte du fait de la perte de contrôle ;
  • un trouble de la personnalité (de type état limite), des troubles du contrôle des impulsions (automutilations, kleptomanie, addictions à l’alcool ou autres toxiques) ;
  • de l’anxiété, des pensées obsessionnelles, ou encore de la dépression allant parfois jusqu’à la tentative de suicide.

Sur le plan social, les troubles entraînent parfois des difficultés d’adaptation, un repli sur soi et impactent sur les études ou l’activité professionnelle, mais souvent, l’insertion socio-professionnelle se maintient.

Boulimie vomitive : quelle prise en charge ?

La prise en charge doit se faire de manière précoce par des professionnels de santé car plus la prise en charge est précoce, meilleur est le pronostic. La boulimie est souvent cachée, ce qui implique un retard dans le diagnostic.

L’idéal est le suivi conjoint par un couple psychiatre ou pédopsychiatre et médecin généraliste ou pédiatre, dans le cadre d’un accompagnement multidisciplinaire englobant l’aspect psychologique, somatique et nutritionnel. Pour l’établissement d’une alliance thérapeutique, il est prioritaire d’instaurer une relation de qualité entre le professionnel, le patient et aussi souvent que possible l’entourage, y compris chez les adultes.

La prise en charge est quasi-similaire à celle de l’anorexie mentale. Il existe plusieurs pistes de prise en charge.

Bon à savoir

Source : recommandation de bonne pratique de la Haute autorité de santé (26 juin 2019).

La psychothérapie

La psychothérapie est indispensableune fois que l’évaluation pluridisciplinaire et le diagnostic de boulimie ou d’hyperphagie boulimique ont été faits et après que le patient a été informé des modalités de mise en œuvre de son projet de soins individualisé.

Bon à savoir

Remarque : dans le cas où le patient n’est pas prêt à s’engager dans le traitement de ses troubles, un travail motivationnel constituera le premier temps de l’approche psychothérapique.

Elle vise à :

  • renforcer la motivation à s’impliquer dans la prise en charge multidisciplinaire (il est important de préciser aux patients que les objectifs des programmes de psychothérapie ne visent pas directement à traiter les problèmes de poids mais qu’ils peuvent secondairement avoir un impact sur ceux-ci) ;
  • restaurer des habitudes alimentaires équilibrées et adaptées ;
  • réévaluer et amener à changer les pensées dysfonctionnelles, l’image et l’estime de soi, les attitudes, les motivations, les conflits et les sentiments liés au trouble des conduites alimentaires ;
  • traiter les dysrégulations émotionnelles et les dimensions associées ;
  • améliorer le fonctionnement interpersonnel et social ;
  • traiter les comorbidités psychiatriques ;
  • obtenir le soutien de la famille et de l’entourage ;
  • aider l’entourage et proposer une guidance et une thérapie familiale dans les soins mis en place.

Les principales formes de psychothérapie (individuelle, familiale ou de groupe) ayant fait l’objet d’études dans la prise en charge de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique sont :

  • les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), en première intention (les thérapies de groupe peuvent fonctionner mais elles risquent d’être moins efficaces que les thérapies individuelles) ;
  • les thérapies comportementales dialectiques, notamment chez les patients souffrant de boulimie ou d’hyperphagie boulimique présentant un trouble de la personnalité borderline comorbide ;
  • les thérapies interpersonnelles ;
  • les psychothérapies psychodynamiques ou d’inspiration analytique dans un second temps, après un apaisement des symptômes boulimiques, notamment après une prise en charge cognitivo-comportementale et :
    • avec des thérapeutes sensibilisés aux troubles des conduites alimentaires,
    • en association avec une prise en charge multidisciplinaire.
  • les thérapies familiales (notamment pour les adolescents et les jeunes adultes), en complément d’une approche multidisciplinaire individuelle adaptée, centrée sur la boulimie.

Les traitements médicamenteux

Pour augmenter l’observance en cas de prescription de psychotropes, une étape initiale d’information et de préparation est utile (prise en charge non spécifique de soutien, outils d’autosupport, entretien motivationnel). Il est important de bien expliquer au patient que cette prescription doit s’intégrer dans une prise en charge plus globale et qu’elle ne constitue pas à elle seule le traitement de ses troubles.

Pour la boulimie on peut prescrire :

  • des ISRS (inhibiteurs sélectifs de la sérotonine) en deuxième ligne et sur plusieurs mois chez les adultes (en cas d’impossibilité d’accéder à une psychothérapie structurée et en l’absence de contre-indication) et toujours en association avec une prise en charge psychologique et multidisciplinaire ;
  • un antiépileptique, le topiramate, qui ne devrait être prescrit qu’après avis d’un centre spécialisé dans la prise en charge des troubles du comportement alimentaire (l’ANSM rappelle la nécessité de ne pas utiliser le topiramate « sauf en cas de nécessité absolue » chez la femme enceinte, ainsi que chez la femme en âge d’avoir des enfants et n’utilisant pas de méthode de contraception hautement efficace dans le cadre d’un traitement contre la migraine ou pour toute autre indication hors AMM) ;
  • des psychotropes en cas de comorbidités avec des troubles psychiatriques (il faut néanmoins rester vigilants car les effets secondaires peuvent être aggravés par les troubles métaboliques fréquents -hypokaliémie, déshydratation- et avec une administration à distance des vomissements).
Bon à savoir

Bien que les antidépresseurs sérotoninergiques comme la Fluoxetine (Prozac) soient efficaces, ils ne sont pas recommandés en raison des risques qu’ils font encourir.

Autres approches

Les personnes souffrant de boulimie pourront également tirer bénéfice des groupes de paroles qui permettent d’échanger avec d’autres personnes concernées par la maladie.

L’hospitalisation reste rare. On privilégie la prise en charge dite ambulatoire (au sein de l’environnement habituel du patient). elle se justifie toutefois en cas de danger immédiat, en cas d’échec de la prise en charge ambulatoire, ou en cas d’épuisement de la famille.

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