6 indices pour détecter l’orthorexie

Répandue et pourtant peu connue, l'orthorexie est un trouble du comportement alimentaire au même titre que l'anorexie et la boulimie. Elle se caractérise par l'obsession d'une alimentation saine, qui peut conduire parfois à une diète complète. Plusieurs signes permettent de repérer cette maladie.

Penser, parler nourriture saine en permanence

Penser, parler nourriture saine en permanence
© Thinkstock

Une personne atteinte d'orthorexie érige cet adage en dogme : « Le mieux est l'ennemi du bien ». Au premier abord, elle semble passionnée par la nourriture saine. En réalité, elle se soumet, rigoureusement, à des recommandations alimentaires concernant la nutrition, se traduisant par :

  • l'obsession d'une nourriture saine ; 
  • le contrôle de la composition et de la provenance d'un produit ;
  • le calcul des apports nutritionnels d'un aliment ;
  • le classement des aliments par catégorie.

L'orthorexique devient malheureux s'il mange un peu moins « bien » que d'habitude. Ses pensées tournent autour de la nourriture :

  • il se définit par sa manière de manger ;
  • il définit les autres par leurs manières de manger.

Bon à savoir : le test de Bratman (composé de 10 questions) permet de savoir si l'on présente les symptômes d'une personne orthorexique.

Se plier à des règles éthiques alimentaires proches du TOC

Se plier à des règles éthiques alimentaires proches du TOC
© Thinkstock

On assimile parfois l'orthorexie à un TOC (ou trouble obsessionnel compulsif) car tous deux présentent des similitudes, notamment en raison de leurs comportements irrationnels.

  • présence de rituels ;
  • vérifications répétées ;
  • compulsions.

Dans le cas de l'orthorexie, les personnes planifient souvent leur repas. En effet, cette préparation permet de maîtriser totalement leur régime alimentaire, sans laisser place au hasard.

Il leur arrive même de prendre un « kit de secours » (repas tout prêt) quand elles sortent !

Bon à savoir : si cette préoccupation de manger sainement occupe l'esprit plus de 3 heures par jour, on peut parler de pathologie.

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Refuser de déroger à ses règles

Refuser de déroger à ses règles
© Thinkstock

La personne souffrant d'orthorexie ne peut s'empêcher de faire attention à la nourriture. En effet, si elle fait une entorse à son régime, elle éprouvera un sentiment de culpabilité. À l'inverse, si elle satisfait son désir de manger sain, un sentiment de soulagement l'envahira.

Une discipline de fer se met en place :

  • ne jamais manger un légume ayant passé X temps hors de la terre ;
  • réduire drastiquement sa consommation de sucre, sel, matière grasse ;
  • mâcher au moins 50 fois chaque aliment avant de l'avaler ;
  • ne jamais être rassasié ;
  • décrypter les étiquettes alimentaires en examinant les additifs, conservateurs, etc.

Bon à savoir : comme tous les troubles de conduites alimentaires, l'orthorexie provient soit de l'héritage génétique, soit de la culture personnelle de l'orthorexique, qui renferme un traumatisme enfoui.

Le degré d'exigence que s'impose un orthorexique est si important qu'il se pose comme un donneur de leçons. Il se caractérise aussi par un amour-propre qui grandit à mesure que son régime s’amplifie.

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Refuser de manger à l'extérieur

Refuser de manger à l'extérieur
© Thinkstock

L'orthorexie coupe tout plaisir de dîner en dehors de chez soi. Si la personne orthorexique a tendance à décliner toute invitation à dîner au restaurant, chez des amis ou en famille, parfois, par obligation professionnelle, par exemple, elle est contrainte de sortir, dans ce cas-là elle amènera son propre plat.

L'instauration de règles étranges et l'addiction à la nourriture saine conduisent inévitablement à un isolement de toute vie sociale et familiale.

  • Ne jamais déjeuner avec ses collègues, par exemple ;
  • s'interdire toute sortie pouvant contraindre à manger quelque chose d'étranger ;
  • s'imposer des restrictions importantes dans le menu.

Résultat : on constate un éloignement général de la famille et des amis jusqu'à l'exclusion sociale.

À noter : la maladie a été trouvée par des chercheurs suisses en 2004. Le terme « orthorexie » vient du grec « orthos » (correct) et « orexie » (appétit).

Bon à savoir : l'orthorexie n'entre pas encore dans la classification internationale des maladies. Donc elle ne peut pas être encore traitée par des spécialistes.

Accorder trop d'importance à la valeur nutritionnelle

Accorder trop d'importance à la valeur nutritionnelle
© Susy Morris CC BY-NC 2.0 / Flickr

L'orthorexie pousse les personnes à perdre tout sens du plaisir. Elles renoncent petit à petit à tous les aliments qui leur plaisent au profit d'aliments plus sains. Le plaisir de manger disparaît, jusqu'au plaisir de vivre. Ce trouble du comportement alimentaire pousse à consommer des aliments :

  • non transformés ;
  • peu caloriques ;
  • faibles en sel ;
  • faibles en sucre ;
  • sans produits chimiques.

L'orthorexique souhaite, avant tout, maîtriser complètement son menu. Par conséquent, il cuisine et fait lui-même ses courses.

Mais cette obsession peut le conduire à vouloir cultiver ses propres légumes et fruits et à ne plus vouloir manger uniquement ce qu'il voit pousser. Le retour à la terre prôné par les orthorexiques est une réponse à la perte de repères alimentaires traditionnels et la multiplication des scandales alimentaires actuels.

Bon à savoir : l'orthorexie entraîne des maladies graves et mortelles, comme l'hyponatrémie, un manque de sodium dans le plasma sanguin.

S'inquiéter en permanence face à la nourriture

S'inquiéter en permanence face à la nourriture
© Thinkstock

En quête de perfection alimentaire, les personnes atteintes d'orthorexie créent leurs propres règles. Manger sain suppose des restrictions qui obéissent à une sorte d'éthique. En cas d'entorse à ce régime (consommer un aliment jugé interdit), les personnes souffrant d'orthorexie se sentent coupables et obligées de s'autopunir sévèrement, parfois jusqu'à l'abstinence.

Les orthorexiques souffrant de troubles alimentaires atteignent parfois un état dépressif qui les conduit à :

  • ne plus maîtriser leurs émotions ;
  • basculer sans le savoir dans un état d'irritation intense ;
  • pousser des colères irraisonnées, parfois violentes.

À noter : l'orthorexie développe une forme d'anxiété que les chercheurs appellent la « peur du risque ». Plus l'orthorexique réduit le risque, plus la peur augmente.

 

Pages Jaunes vous en dit plus

L'orthorexie reste un trouble rare et extrême. Cependant, il ne doit pas être pris à la légère comme tout trouble alimentaire. Téléchargez gratuitement le Guide du régime pour en savoir plus.

Cependant, si vous détectez vraiment un trouble du comportement alimentaire ou un TOC, sachez que tout le monde peut se soigner.

Pour aller plus loin, voici nos guides pratiques à télécharger :

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